Lavoir

Le lavoir est aussi un élément du patrimoine

De nombreuses communes en ont un et à première vue ils se ressemblent tous. Du reste certains d'entre eux, depuis leur abandon, demeurent enfouis sous les broussailles. Le touriste est attiré par une chapelle ou un château, rarement par un lavoir, même si celui-ci a été réhabilité. Quand aux résidants, ils y sont tellement habitués que souvent ils ne le voient même plus, ça fait partie du quotidien.

Aurions-nous établi une hiérarchie entre les éléments de notre patrimoine? Pourtant le lavoir oublié fut particulièrement important dans la vie quotidienne de nos ancêtres. Les lavoirs font partie du patrimoine de nos communes rurales. Il n'y a pas si longtemps on allait au lavoir pour y rincer le linge. Dans notre commune le lavoir  est couvert, il est situé en contrebas de l'église en allant vers le cimetière et a coté d'une maison forte (au fond sur la photo). Le lavoir était en trés mauvais état et a fait l'objet d'un restauration et d'une sécurisation du puit et du bassin en 2010.

 

 

 

 

 

Un pan de notre mémoire populaire

Un lavoir est un bassin alimenté en eau généralement d'origine naturelle qui a pour vocation première de permettre de rincer le linge après l'avoir lavé. A Saint Sulpice le lavoir est alimenté par une source. La plupart des lavoirs datent du XIX ème siècle car on s'est enfin rendu compte que le linge sale pouvait entraîner la diffusion de maladies comme le choléra, la rougeole ou la variole qui faisaient encore des ravages. Il existait des lavoirs privés, que les propriétaires mettaient parfois à la disposition des habitantes, mais peu de lavoirs publics. Pour faire face à la propagation des épidémies, par une loi du 3 février 1851, l'Etat décida de prendre à sa charge jusqu'à 30% des frais de construction des lavoirs communaux. Ce fut l'élément déclencheur d'une vague de constructions qui toucha toutes les communes de France. 

Mais en dehors des impératifs d'hygiène et de salubrité, le lavoir avait l'avantage de réunir deux fonctions indispensables: l'une pratique, l'autre sociale. L'essentiel du travail était exclusivement féminin et si cet élément de notre patrimoine n'est plus aujourd'hui qu'un bassin, il faut imaginer qu'il fut  autrefois un lieu de rencontre animé et bruyant, presque festif, où se retrouvaient régulièrement les  habitantes pour y laver leur linge. Les femmes, à genoux dans une sorte de bac en bois, le "garde genoux", jetaient le linge dans l'eau, le tordaient en le pliant plusieurs fois, et le battaient avec un battoir en bois sur la pierre afin de l'essorer le plus possible.

Aller faire la lessive au lavoir était aussi une occasion de socialisation, on riait, on papotait et des "lavandières" faisaient leur métier en lavant le linge d'autrui. Le lavoir représente tout un pan de notre mémoire populaire. C'est à ce titre qu'il doit être  respecté, entretenu et sauvegardé.